PROLOGUE

Prison de Stuttgart-Stammheim, 1976

Au fond de la scène, une femme fait les cent pas dans la pénombre. La surface qu’elle arpente se réduit progressivement. Parvenue au centre, elle s’immobilise. Assis au bord du plateau, Heinrich et le jeune homme l’observent comme au travers d’une glace sans tain.

ERIKA (Les yeux grand ouverts) :
Mes cheveux…
Ça colle pas…Trop courts.
Eux…
Quand ça ?
Moi…
Mais avec quoi ?
(Ferme les yeux- Comme  prise d’un haut-le-cœur)
Ça remonte… rien à faire… attendre que ça passe…
Le bruit de la mer, la peau qui tire,
Le sel qui pique les yeux…
L’huile or liquide
Or qui glisse sur le dos de miel des enfants…
Soleil qui sue, parfum d’orange confite…
Ça sent Noël  dit la petite…
(Rouvre les yeux)
Ce qu’ils sont courts !
Champ d’épées dressées,
Piquants d’après moisson.
Eux …
Moi…


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Ça me démange.
Je m’endors en me grattant la tête.
Je me réveille en me grattant la tête
Comme un soldat qui a des poux.
Tient qu’à toi…
Tient qu’à toi d’être propre…
Suffirait…
Suffirait que tu sois raisonnable.
Ça sert à rien…
Ça sert à rien ces gestes de folle.
Ça, c’est parce que je me racle la peau au-dessus des oreilles,
Que je racle et que je racle,
Comme s’il manquait des anses
À cet endroit précis,
Pour retirer ma tête comme une cagoule.
Ça sert à rien, ces gestes de folle.
Je sais pas qui,
La voix, je sais pas d’où elle vient.
Hier, aujourd’hui, demain,
Le temps passe plus tout est blanc.

LE JEUNE HOMME :
Erika !
HEINRICH :
Elle n’entend pas.
LE JEUNE HOMME :
Je t’ai vu danser avec elle.
HEINRICH :
Où ça ?



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