Le vent de là-bas,
Le vent d’autrefois,
Le vent qui fait trembler la rivière, vibrer la
voie ferrée,
Le vent qui froisse les tôles amassées sur le
terrain vague,
C’est le vent d’autrefois,
Le vent qui charrie les odeurs noires et grises,
S’insinue, trouve les fentes et les fissures.
Non – c’est pas l’odeur d’ici,
C’est l’odeur de là-bas,
C’est alors que je me dis :
La porte est mal fermée,
Je croyais l’avoir claquée,
J’ai dû mal tirer la poignée.
Machinalement je me lève,
Je vais vers la porte d’entrée…

Kate se lève, fait quelques pas et se fige devant
la porte (réelle ou imaginaire).

Je vais pour la fermer,
Je lève la main,
Je lève la main vers la poignée,
Mais j’ai cette douleur au bras,
Cette douleur soudaine et cinglante
Qui me saisit,
De l’épaule jusqu’au bout des doigts.
De l’autre côté de la porte il y a la nuit,




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C’est pas compliqué,
Il y a juste cette putain de poignée à tourner.
Je peux pas,
Je suis glacée,
Je suis glacée parce que je sais qu’elle est là,
Je sais qu’elle est derrière la porte,
Juste là – de l’autre côté,
Dans la nuit – de l’autre côté,
Oui je sais qu’elle est là,
Dans son petit manteau rouge – six boutons
ceinture à boucle,
Je sais qu’elle est là,
Et je sais qu’elle aussi,
Dans le froid, dans la nuit,
Se dresse sur la pointe des pieds,
De l’autre côté,
Et lève la main vers la poignée.
(Temps)
Mais moi j’ai cette douleur au bras,
Cette douleur soudaine et cinglante
Qui me saisit
De l’épaule jusqu’au bout des doigts.

La même voix que précédemment, plus insistante.
Mary Burns !
May !
May Burns !





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