INTRODUCTION



Ne croyez pas qu’il va venir. Je ne peux pas le faire venir ici. Il est mort, ça vous le savez. Je ne veux pas que quelqu’un le remplace. Je ne veux pas que quelqu’un prétende posséder ses gestes, sa silhouette ou même le col de son manteau. Que quelqu’un puisse prétendre à sa gorge, sa gorge – à la fois cavité sombre creusée sans fin sans lumière, et velours enroulé dans un chuchotement de pluie contre l’oreille… Pas d’imposteur ici.
Personne pour l’imiter, pour le contrefaire.
Personne pour vous faire croire à sa venue, à sa résurrection. De toute façon c’est moi qui ai les cendres… Il me les a données, oui. Je dois bien les avoir quelque part, pour vous prouver… Je ne sais pas comment nous allons l’évoquer autrement. Tout ce que je veux dire c’est que je refuse – je refuse la tromperie. Je refuse d’y croire avec un autre. Je refuserais même d’y croire avec lui, de croire à son corps concret, à ses mains, à ses paupières fatiguées, à ses jambes électriques.
Tout doit disparaître derrière les lyrics, c’est ce
que je me dis. Disparaître derrière cette fine paroi de verre derrière laquelle il me parle à moi seule j’en suis sûre, à moi seule oui car toutes les chansons ont été écrites pour moi bien sûr, il chante pour moi seule, faisant contre la vitre de la cabine

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une buée que je lèche en pleurant. Il me dit seulement à moi je suis revenu, c’est moi, serre-moi, serre-moi… Pardon. Je disais donc que pas d’imposteur, pas de contrefaçon, pas de sosie. Navrée, je sais que cela doit vous décevoir… Mais il n’y a qu’à moi qu’il… À moi seule…























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