1.



Chambre d’hôpital de Jonas.
Fenêtre. Bruits dans la rue.
Jonas quelque part là.
Une armoire.
Entre Romain. Les pieds nus.
Téléphone au poing.


ROMAIN :
Ils ont pris la rue.
Si je suis dans l’histoire moi c’est par hasard.
Tu me dis : qui a pris la rue. Les idiots je dis
les fous ils ont pris la rue.
Bonjour Papa.
Je suis là je trouve plus le chemin.
J’avance ou je recule j’en sais rien. Otage dans
une foule.
Qu’est-ce qu’ils croient qu’ils peuvent chan-
ger les choses c’est ça.
Tu me dis : qui a pris la rue.
Je suis en retard tu m’attends je trouve plus le
chemin.
Je dis : qui je sais pas. Ils se déplacent en nuées.
Je suis pas dans leur histoire moi rien à faire je
passe là c’est tout.



19

Tu me dis : tu arrives. C’est mardi c’est notre
heure.
Rien doit changer tout doit rester pareil mais
Papa ils ont pris la rue.
Je viens là j’arrive ici toujours à l’heure tu le
sais bien.

Téléphone qu’il reçoit.

ROMAIN :
Oui. Non.
Du beurre.
Je sais pas.
Comme d’habitude.
Demain alors.
Comme tu veux.
Oui.

Raccroche.

ROMAIN :
Tu me dis : qu’est-ce que c’est cette foule.
Des gens de mon âge je dirais. Même plus des
gens une foule.
Ils ont tous pris un seul visage le même on
dirait – pourquoi je me retrouve toujours pris
dans des foules – j’avance ou je recule je me
défais de leur chemin.
Tu me dis : tu vas être en retard.
Je dis : j’arrive tu le sais bien.
Je suis là j’ai fini par arriver bonjour Papa.
Tu me dis : il est tard.

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