I



Le titre vient d’un poème de Jean Genet :
Ce tango poignardé que la cellule écoute,
Ce tango des adieux.
Est-ce toi monseigneur sur cet air radieux ?
Ton âme aura coupé par de secrètes routes
Pour échapper aux dieux.
Pourtant l’action ne se situe pas dans une
prison mais dans un pavillon sans doute char-
mant à la lisière d’une petite ville de province
Une autoroute ne passe pas très loin mais le
 pavillon est sans doute bien orienté parce que
tout est calme
C’est l’heure de l’attente du sommeil après le
dîner pour un couple de retraités
Rose et Paul

ROSE : Je me demande à quoi il va ressem-
bler

PAUL : Pourquoi tu ne lui as pas demandé
une photo et puis ça n’a aucune importance à
quoi il va ressembler pourvu qu’il nous paie le
loyer avec régularité
Ça nous suffit bien



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 ROSE : Il sera droit et sobre j’espère
Il a un petit accent mais il parle comme toi et
moi notre langue il vient de loin tu sais
Sa mère était de chez nous même par amour
moi je ne serais jamais partie là-bas tu te rends
compte
Il a un tout petit accent son usine a fermé là-bas et là-
bas il n’y a plus de travail
Alors il arrive

PAUL : Il est travailleur c’est sûr c’est des tra-
vailleurs les gens de là-bas

ROSE : On ne connaît pas bien leurs mœurs
J’espère que ce n’est pas un escroc

PAUL : T’as peur qu’il te viole ou quoi

ROSE : Je n’aime pas cette vulgarité que tu as
que tu as toujours eu cette vulgarité qui parfois
te dépasse

PAUL : T’as peur de quoi

ROSE : On aurait pu choisir quelqu’un d’ici
peut-être

PAUL : Y a que des étrangers qui viennent ici
des étrangers de la pauvreté
Personne veut venir ici qu’est-ce qu’il y a ici
même le ciel est plombé c’est la fin de tout ici
 à part cette usine

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