Dans un bruit assourdi, lointain, qu’une ville produit la nuit, la lumière s’allume sur un hall éblouissant. Nous sommes dans un immeuble de luxe d’une capitale occidentale. à jardin, des boîtes aux lettres serties de cuivres dorés. En fond, la longue vitre où se découpe la porte vitrée gardée par un visiophone qui se présente comme un oeil ouvert avec indifférence. à cours, une jardinière luxuriante déborde de plantes vertes qui évoquent les jungles naïves. On s’attend à en voir sortir un tigre effaré… Des miroirs démultiplient les reflets dans les cuivres et les vitres, et les feuillages, ouvrant des perspectives vertigineuses à l’intérieur de cet espace… Sur le carrelage en damier de larges dalles blanches et noires, une femme en manteau de fourrure léopard et chaussures à talons rouges est allongée. Morte, endormie ou ivre…


VOIX DE L’HOMME :

Quand il parle, l’oeil du visiophone s’allume,
voyant verdâtre…

oui

Bougonne pour lui-même :

quelle heure il est

La Femme se réveille en sursaut.

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il y a quelqu’un Qui
est-ce qui
a sonné

La Femme s’est levée, mal assurée, elle titube un
peu. Elle s’approche du visiophone mais par le
côté, afin d’être hors du champ de vision de l’oeil.

LA FEMME :
bonjour c’est
moi

VOIX DE L’HOMME :
qui
moi

Silence.

vous
vous avez vu l’heure
vous ne répondez rien Allez
bonsoir

Il raccroche. Elle reste seule.
Elle va pour partir, ou pour parler au public,
remontant vers la face.
Mais elle se ravise et revient au visiophone, sonner…

VOIX DE L’HOMME :
je vais descendre vous
botter le cul vous
allez


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